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Durant une bonne partie de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale mardi 30 janvier, le premier ministre Gabriel Attal a vanté la politique d’Emmanuel Macron, en particulier sur le travail. Il a surtout annoncé vouloir supprimer l’allocation de solidarité spécifique (ASS), provoquant la colère des syndicalistes et des politiques de gauche.
Lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, mardi 30 janvier, Gabriel Attal a annoncé vouloir supprimer l’allocation de solidarité spécifique (ASS) qui prolonge l’indemnisation du chômage tout en cotisant jusqu’à la retraite pour les privés d’emploi les plus âgés, dans le but de « réinterroger notre modèle » du travail. Après avoir loué la politique de son président, pointant un taux de chômage qui serait le plus bas « depuis vingt-cinq ans » tout en omettant de souligner que le chiffre est le fruit des réformes de l’allocation-chômage retirant leurs droits à plusieurs milliers de sans-emploi, le premier ministre a persisté en annonçant cette terrible mesure anti-sociale qui faisait débat au sein même de la majorité.
Une suppression de l’ASS « gravissime »
Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT, estime que cette mesure est « gravissime ». « Ce sont environ 300 000 personnes par an, à qui on va retirer le dernier revenu d’existence », explique le militant CGT, rappelant que, si ces personnes basculeront au RSA (Revenu de solidarité active), il existe une différence essentielle entre ASS et RSA, passée sous silence par le gouvernement. L’ASS n’est pas rattachée au foyer, « autrement dit, vous en bénéficiez quel que soit le revenu de votre conjoint ou conjointe, contrairement au RSA, qui dépend des revenus du ménage », explique Denis Gravouil. « Cela signifie que des gens en couple qui touchaient l’ASS pourront se retrouver sans rien, en fonction des revenus de leur conjoint. Des foyers modestes risquent de s’enfoncer dans le surendettement. » Sans compter que le premier ministre a également annoncé la généralisation du conditionnement du RSA à 15 heures d’activité.
Par ailleurs, le premier ministre fait peser une nouvelle épée de Damoclès sur l’assurance-chômage, indiquant qu’en cas de trajectoire financière négative, il adresserait « une lettre de cadrage » aux partenaires sociaux. Une façon de tordre le bras à ces derniers pour réduire les droits des chômeurs. Enfin, le Code du travail pourrait encore perdre en épaisseur, Gabriel Attal promettant une « nouvelle étape » aux ordonnances de 2017, dont les effets sur la protection des salariés ont été destructeurs. Dans un contexte où le gouvernement multiplie les ballons d’essais pour attaquer le droit des chômeurs, et en particulier des seniors, les macronistes peinent à justifier une mesure qui n’arrangera en rien le chômage et la précarité des Français.
Article publié le 6 février 2024.